La libération de 1685 détenus de la prison centrale de Makala, survenue dimanche dernier sous l’impulsion du ministre de la Justice, Constant Mutamba, continue de faire couler beaucoup d’encre et de susciter de vives réactions au sein de la population kinoise.
Si cette mesure a été saluée par certains comme un geste humanitaire visant à désengorger les prisons surpeuplées, d’autres, par contre, expriment de profondes inquiétudes quant aux potentielles conséquences de cette libération en masse.
Dans les rues de la capitale, certains citoyens se réjouissent de voir des personnes privées de liberté regagner leur domicile, d’autres craignent de voir resurgir au sein de la société des individus dangereux. « Je suis inquiet que des grands criminels aient pu profiter de cette libération pour se fondre dans la masse et reprendre leurs activités illégales », confie un habitant de la commune de Ngaliema.
Ces appréhensions sont d’autant plus fortes que les conditions de détention à Makala sont connues pour être particulièrement difficiles. La surpopulation carcérale, les problèmes d’hygiène et l’accès limité aux soins médicaux ont toujours été des sujets de préoccupation.
Par ailleurs, de nombreux Kinois s’interrogent sur les critères ayant concuru à la sélection des détenus libérés. « Comment s’assurer que seuls les malades les plus vulnérables ont été autorisés à quitter la prison ? », s’interroge une habitante. « Et qu’en est-il de ceux qui étaient gravement malades ? Vont-ils bénéficier de soins adéquats ? »Face à ces interrogations, les clarifications des autorités judiciaires sont vivement attendues. Les Kinois attendent des réponses précises sur les critères de sélection des détenus et les mesures prises pour assurer la sécurité de la population.Notons que cette libération intervient dans un contexte marqué par une montée de l’insécurité dans certaines zones de la ville de Kinshasa. Cette situation ne fait qu’amplifier les craintes de ceux qui redoutent de voir les rues envahies par des individus ayant commis des infractions graves.
En définitive, si la décision de libérer 1685 détenus est louable sur le plan humanitaire, elle soulève de nombreuses questions auxquelles les autorités devront répondre de manière transparente pour apaiser les inquiétudes de la population.
Alain Ngabo Ya Kajemba.

