Au Sud-Kivu, la tension est montée d’un cran lundi,10 novembre 2025 dans la ville de Kamituga en territoire de Mwenga. Deux mouvements de protestation simultanés ont paralysé plusieurs quartiers, perturbant la circulation et les activités économiques.
Sur l’axe menant vers Tchanda, Kibukila, Mero et Lupupu, des habitants en colère ont érigé des barricades pour dénoncer la recrudescence de l’insécurité. Ce soulèvement est intervenu après la mort tragique de Mme Jeanette Bashombe, atteinte par une balle perdue lors d’un échange de tirs entre policiers et bandits armés venus cambrioler la résidence de Songa Lugendo, alias Songa Kibwana, au quartier Kikindi, dans la commune de Mobale.
Sur leurs pancartes, les manifestants exprimaient leur ras-le-bol face à la montée des violences : « Nous, habitants de Kamituga, sommes fatigués des meurtres et des pillages commis par des hommes armés. Nous exigeons la sécurité des personnes et de leurs biens. »
La circulation a été totalement paralysée sur la route principale, un axe vital pour l’économie locale.
Pendant ce temps, un autre groupe de manifestants, parti du quartier Kalingi (commune de Bitanga), a défilé sur l’artère principale en portant le corps de Mbilizi Babingwa Birey, un jeune détenu décédé à la prison centrale de Kamituga des suites d’une courte maladie.
Les protestataires accusent le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kamituga d’avoir refusé l’autorisation permettant à la famille de transférer le détenu pour des soins médicaux.
Selon un défenseur des droits humains sur place, une incompréhension entre les autorités locales et la famille de la victime aurait conduit à l’arrestation du père du défunt, ce qui a mis le feu aux poudres. Les habitants ont alors improvisé une marche pour exiger la libération du père et la restitution du corps de son fils.
Les manifestants ont également scandé des slogans hostiles au magistrat, le surnommant « Procureur Muuwaji », un mot swahili signifiant « procureur assassin ».
La tension est finalement retombée vers 15 heures, grâce à l’intervention du maire de la ville, Alexandre Bundia M’pila, qui a promis de s’impliquer personnellement pour répondre aux préoccupations de la population.
David BALIBONERA

