L’intégration de la lutte contre le VIH/Sida dans les interventions humanitaires devient une priorité pour les autorités sanitaires de la province de la Tshopo. Réunis autour du Programme National Multisectoriel de Lutte contre le Sida (PNMLS), les services spécialisés renforcent désormais leurs actions auprès des déplacés internes venus du Grand Kivu, de l’Ituri et de ceux touchés par le conflit interethnique Mbole-Lengola.
Selon le PNMLS/Tshopo, plusieurs cas positifs ont été confirmés après des séances de dépistage organisées dans différents sites d’accueil. Ces résultats alarmants ont poussé les responsables de la santé à mettre en place un suivi médical systématique des personnes infectées afin de freiner la propagation du virus.
Christine Sefu, secrétaire exécutive provinciale du PNMLS dans la Tshopo, tire la sonnette d’alarme : « Ces déplacés, dépourvus de tout, sont exposés. Il faut mobiliser davantage les services de santé pour éviter une propagation du virus dans la communauté », a-t-elle déclaré.
Pour elle, la vulnérabilité des populations déplacées — souvent privées d’abri, de nourriture et d’accès régulier aux soins — augmente considérablement le risque d’infection. Elle plaide pour une présence accrue des structures sanitaires spécialisées dans tous les sites humanitaires.
Le représentant de l’ONUSIDA pour la zone Est, présent à cette rencontre, a salué cette orientation stratégique du PNMLS. « Nous adhérons pleinement à cette approche. Il faut agir vite pour éviter toute propagation dans les zones d’accueil », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de son institution à soutenir les efforts de prévention, de dépistage et de prise en charge des malades.
En appui à ces efforts, des équipes mobiles de dépistage sillonnent déjà plusieurs sites de déplacés à Kisangani et dans les territoires environnants. Ces unités mobiles, déployées en collaboration avec les structures locales, offrent non seulement le dépistage volontaire mais aussi des séances de sensibilisation sur la prévention et l’observance thérapeutique.
Pour les autorités provinciales, cette initiative marque un tournant dans la lutte contre le VIH/Sida dans un contexte humanitaire complexe. Elle rappelle aussi l’urgence d’une coordination multisectorielle plus forte entre les acteurs de santé, les ONG humanitaires et les partenaires techniques et financiers pour endiguer une épidémie silencieuse qui menace les populations les plus fragiles de la Tshopo.
Godelieve Omondo

