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Sud-Kivu : le vice-gouverneur et gouverneur ad intérim, Jean-Jacques Elakano, tend la main aux sinistrés de Sange et appelle à la résilience et à la cohésion après le retrait de l’AFC/M23

En mission d’urgence dans la cité de Sange, le gouverneur ad intérim, Me Jean-Jacques Elakano, est allé à la rencontre d’une population meurtrie par cinq mois d’occupation de l’AFC/M23. Entre appel au patriotisme, mise en garde contre les règlements de comptes et promesse du retour de l’autorité de l’État, son déplacement marque un acte politique fort en faveur de la cohésion sociale.

Sange, chef-lieu du territoire d’Uvira — «Réconforter la population civile et l’appeler à la résilience. » Tel était l’objectif principal de la mission conduite ce mardi 12 mai par le vice-gouverneur, Me Jean-Jacques Elakano, assurant l’intérim à la tête de la province du Sud-Kivu.

Dès son arrivée au centre commercial de Sange, la délégation de l’exécutif provincial a bénéficié d’un véritable bain de foule. Venus de tous les villages environnants, des centaines d’habitants ont envahi les lieux, témoignant d’une immense attente envers leurs autorités.

« Cette population a fait preuve de patriotisme. Nous ne devions pas attendre plus longtemps en tant qu’autorités provinciales », a martelé Me Elakano devant une foule que les services de sécurité avaient du mal à contenir.

Ce patriotisme évoqué par le gouverneur intérimaire fait référence à cinq mois de souffrance, comme l’a rappelé le chef de la cité de Kiliba, Bunana wa Bunana. Durant cette période, les habitants vivaient dans la peur d’être accusés à tort d’appartenir aux groupes dits « wazalendo » ou d’être proches des FARDC. Cette psychose a gravement entravé le trafic entre les deux grandes agglomérations voisines de Kiliba et Sange.

Le chef de la cité de Sange, Fikiri Mudeda Paul, a détaillé l’horreur de l’occupation : « Les gens avaient peur de quitter leurs villages pour venir au marché. Le 5 mai, quatre civils ont été tués, tandis que sept autres ont été enterrés vivants derrière notre bureau administratif et celui du cadastre. Leurs fosses communes sont encore visibles. C’est l’un des rescapés qui nous a apporté la nouvelle. Les rebelles ont incendié des maisons à Mulenge et massacré sauvagement des civils à Kininga. Ces crimes laissent de douloureux souvenirs. »

Comme l’ensemble de la population locale, le chef de Sange attend désormais la restauration effective de l’autorité de l’État dans cette partie libérée, comprenant les villages longeant la route nationale numéro 5, entre Sange, Luberizi, Bwegera, Luvungi et Katogota, jusqu’à Kamanyola, à la limite du territoire de Walungu.

« Nous voulons voir toutes les activités reprendre le plus vite possible : le marché, les champs, l’élevage et le trafic commercial. Il faut que notre milieu reprenne son souffle », a confié Maman Safi, membre de l’association INUA JAMAA, qui regroupe des vendeuses de fruits à la frontière congolaise de Nyamoma, vers le Burundi voisin.

Pour le vice-gouverneur Elakano, la cohabitation pacifique entre les différentes communautés de la région demeure primordiale. Il a mis en garde contre tout règlement de comptes, toute chasse à l’homme ou toute dérive tribaliste. « La paix est la seule garantie du retour des investisseurs étrangers et des ONG internationales », a-t-il insisté, relayant le message de cohésion déjà lancé par le gouverneur titulaire, le professeur Jean-Jacques Purusi, actuellement en mission officielle à Kinshasa.

Sur le plan sécuritaire, le gouverneur ad intérim a constaté une situation calme et sous contrôle tout au long de son parcours depuis la ville d’Uvira, où les barrières illégales tenues par des wazalendo ont été supprimées sur ordre du commandant de la 33ᵉ région militaire, le général Fabien Dunia.

Des mesures d’encadrement et d’accompagnement des wazalendo, déployés en grand nombre dans la zone abandonnée par l’AFC/M23, sont également envisagées. « Une réunion du Conseil provincial de sécurité décidera de la reprise ou non du trafic routier entre Uvira et Bukavu », a conclu Me Elakano lors de son meeting.

Le retrait des rebelles est perçu comme le début d’une nouvelle dynamique de confiance. Aucun coup de feu n’a été signalé durant le retrait des rebelles et l’installation des forces loyalistes. Ce climat inédit rassure la population du Sud-Kivu quant aux efforts diplomatiques engagés par le chef de l’État, dont les résultats commencent à se faire sentir.

Après le retour à Uvira des membres du Conseil provincial de sécurité et du gouvernement provincial, le général Fabien Dunia s’est rendu, accompagné du commandant wazalendo de la zone, le général autoproclamé Delphin Kalembe, alias Ngoma Nzito, vers la ligne de front à Luberizi et à Luvungi, au nord d’Uvira.

Fiston NGOMA MAYABALA

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