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Kinshasa :Industrie minière et innovation : une nouvelle victoire pour le génie scientifique congolais

Une étoile de plus vient illuminer le parcours du professeur Gilbert KABANDA KURHENGA.  Ministre honoraire de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique voit l’un de ses combats majeurs porter ses fruits : la technologie de batterie au lithium mise au point par la professeure et ingénieure congolaise Sandrine MUBENGA, brevetée aux États-Unis, vient d’être acceptée pour industrialisation par la Gécamines.

Depuis plusieurs années, Gilbert KABANDA KURHENGA n’a cessé de défendre, « bec et ongle », sur toutes les tribunes nationales, la nécessité de valoriser les inventions issues du génie scientifique congolais. La reconnaissance et l’industrialisation de la batterie au lithium de Sandrine Mubenga constituent, à ses yeux, un symbole fort : celui d’un Congo capable de transformer ses propres ressources grâce à ses propres cerveaux.

À Lubumbashi, notre confrère BAKANZA ZAKI rapporte que l’ingénieur Emmanuel MULAJ MUMBA évoque également des perspectives concrètes liées à ses propres innovations. Grâce aux partenariats noués avec la Gécamines, sa technologie de lixiviation du cuivre et du cobalt applicable aux minerais pauvres (0,5 à 1,5 % de teneur) pourrait bientôt être intégrée dans les circuits industriels.

Ces minerais à faible teneur, aujourd’hui majoritaires au Katanga — notamment dans les remblais de la GVM et les mines de plus en plus profondes — représentent un défi technique majeur. La technologie développée par MULAJ MUMBA offrirait une solution adaptée, notamment sur l’ancien site GCM de Kambove, près de Likasi.

Ce projet est porteur d’espoir : avec un investissement estimé à 45 millions de dollars américains, une unité industrielle pourrait produire jusqu’à 10.000 tonnes de cuivre cathodique par mois, soit 120.000 tonnes par an. À titre de comparaison, la Gécamines peine actuellement à atteindre 10.000 tonnes annuelles. Une telle performance marquerait le début d’une réindustrialisation autonome et maîtrisée de l’entreprise publique.

Durant son mandat, Gilbert KABANDA KURHENGA a multiplié les correspondances auprès du Gouvernement et de la Gécamines afin de donner une chance aux innovations congolaises ayant déjà obtenu des validations de terrain, comme celles du METGroup de Mulaj Mumba, ou des reconnaissances scientifiques internationales, à l’instar des technologies COMHYDEV dédiées à l’extraction, la purification et la valorisation des gaz méthane et carbonique du lac Kivu.

Pour l’ancien Ministre, l’industrialisation d’un pays passe inévitablement par la maîtrise de ses technologies. Il cite volontiers en exemple les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Afrique du Sud ou encore l’Inde, qui ont bâti leur puissance sur l’innovation nationale.

Dans cette optique, il dénonce la dépendance technologique qui permet à des entreprises étrangères — chinoises, américaines, australiennes ou suisses — de tirer profit des ressources minières et énergétiques congolaises, au détriment d’entreprises publiques telles que la Gécamines, la Kilo-Moto, la Sakima ou la Somico.

Les regards se tournent désormais vers la direction générale de la Gécamines. Placide Nkala, sollicité par Gilbert Kabanda pour l’adoption de technologies congolaises, aurait manifesté un intérêt soutenu pour la batterie au lithium de Sandrine Mubenga ainsi que pour les procédés innovants de lixiviation du cuivre, du cobalt, du coltan et de la cassitérite en tank non agité développés par Emmanuel Mulaj Mumba.

Au-delà du secteur minier, l’exploitation et la valorisation des gaz méthane et carbonique du lac Kivu apparaissent comme un levier énergétique stratégique. Ces ressources pourraient alimenter la création d’industries de pointe dans les régions du Kivu, du Nord-Katanga et de l’ex-Province Orientale, riches en coltan, tungstène, cassitérite, fer (Banalia), pyrochlore, or et cuivre.

L’acceptation de la batterie au lithium pour industrialisation constitue ainsi bien plus qu’une simple avancée technique : elle symbolise l’espoir d’une souveraineté scientifique et industrielle retrouvée. Pour les partisans de cette vision, le moment est venu pour la RDC de transformer ses ressources par ses propres compétences et d’inscrire durablement le génie scientifique congolais au cœur de son développement économique.

A. Kajemba N.
P. Masirika B.

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