Le gouvernement provincial du Sud-Kivu exprime une vive inquiétude concernant l’entrée de 750 militaires rwandais sur le sol congolais, notamment dans le territoire d’Idjwi. Dans un communiqué officiel, Luganywa Kabi Didier, porte-parole du gouvernement provincial, a révélé la construction d’un camp de la police rwandaise à Bwando dans le groupement de Mugote, sur les rives du lac Kivu, juste en face du Rwanda.
Des sources indépendantes à Idjwi corroborent ces informations, signalant que l’ensemble du territoire, tant au Nord qu’au Sud, est sous contrôle rwandais depuis plus de trois mois. Un habitant du territoire a déclaré : « Ici, il n’y a que dix militaires congolais. Mais dans tout Idjwi, l’AFC/M23/RDF impose leur loi, et personne n’ose s’y opposer. »
Cette situation s’inscrit dans un contexte de sursaut patriotique, illustré par des mouvements de villes mortes à Uvira et Baraka/Fizi, en réaction à l’affectation du secteur Sud-Sud Kivu Sukola 2 par Kinshasa. Face à cette crise, le gouvernement provincial a décidé d’intensifier sa communication, pour apaiser les tensions populaires et dénoncer les velléités de l’ennemi dans la zone occupée.
Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a appelé la communauté internationale, l’ONU, l’Union Africaine, la SADC et à d’autres partenaires, à de prendre conscience de cette escalade et d’adopter des mesures urgentes pour contrer l’occupation déguisée du Rwanda sur le sol congolais.
Bien que les congolais vivant dans les zones occupées subissent des atrocités depuis six mois, certains commencent à s’habituer à cette réalité troublante. Des milliers d’habitants appellent le gouvernement congolais à intervenir pour sauver les civils de l’enfer imposé par l’armée rwandaise.
Dans ce contexte, Luganywa Kabi Didier a réaffirmé la solidarité du gouvernement provincial avec les populations d’Idjwi, de Bukavu, ainsi que des territoires de Kalehe, Kabare et Walungu. Dans son communiqué, il a réitéré l’engagement de son gouvernement à soutenir toutes les communautés touchées par cette crise.
Fiston Ngoma Mayabala

