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Kinshasa: Questions des auditeurs et réponses du Ministre Gilbert Kabanda Kurhenga dans l’émission « Okapi Service » ce vendredi, 1er août 2025

Jerry Kalangwa (Kolwezi) :
« Dans le Grand Katanga, nous avons des zones où l’on cultive des mangues qui mûrissent en abondance. Il y a aussi des ressources naturelles, notamment des matières premières permettant la fabrication de craies utilisées dans l’enseignement. Nous disposons également du cuivre et du cobalt. Monsieur le Ministre, qu’envisagez-vous pour que leur traitement se fasse localement, notamment dans le territoire de Bukama où les mangues ne manquent jamais et peuvent être valorisées autrement ? Par ailleurs, à Kazaza, toujours dans le territoire de Bukama, les colons exploitaient autrefois des ressources pour fabriquer des craies, mais depuis les années 1970, cette production locale a cessé. Quand aurons-nous des génies scientifiques congolais issus du Grand Katanga, et quand seront-ils déployés dans les territoires ? »

Réponse du Ministre :
« J’ai évoqué les matières premières disponibles dans notre pays (végétales, métalliques, etc.). Ce sont ces ressources que les Belges transformaient avant l’indépendance. Lorsqu’ils sont partis, il a fallu du temps pour former nos propres experts. Aujourd’hui, 65 ans plus tard, nous avons une masse critique de génies congolais. C’est pourquoi le génie scientifique congolais, à travers le Forum que j’organise, est appelé à se rendre à Bukama pour y découvrir ces réalités. Le rôle de mon ministère est de faire en sorte que ces génies aient les moyens, tant industriels que financiers, de transformer localement ces matières premières en biens de consommation. Je vous assure que le Gouvernement met tout en œuvre pour que ces ressources soient exploitées par nos propres compétences. C’est une question de temps. »

Adélard Ngengele (Kisangani) :
« J’aimerais que le Ministre nous donne des précisions sur les deux premières éditions du Forum. Que sont devenus les génies sélectionnés ? Qu’ont-ils produit ? Quel est leur impact dans les provinces ? Comment, nous autres en provinces, pouvons-nous participer à ce concours ? Enfin, à propos de la dame qui avait fabriqué un robot, nous constatons que les robots tombent souvent en panne. Quel est votre avis à ce sujet ? »

Réponse du Ministre :
« Concernant les éditions précédentes, les prototypes présentés doivent désormais être industrialisés. Entre la conception d’un prototype et sa mise en production, il faut un financement, des industriels prêts à s’impliquer, et toute une série de conditions à remplir pour qu’un prototype devienne un produit disponible sur le marché. Ce processus est en cours, avec l’implication du Gouvernement, de la FEC et d’investisseurs étrangers. Cela ne se fait pas en un jour. D’ici un an, voire moins, vous verrez ces inventions dans votre assiette, votre voiture ou votre pharmacie. Quant aux robots de roulage, c’est un problème d’entretien, non d’invention. L’innovation a été faite ; la maintenance relève désormais de la gestion. »

Roger Marcel (Kananga) :
« Pourquoi ce genre d’initiatives bénéficie-t-il toujours à Kinshasa ? Quels sont les critères de participation pour les inventeurs des autres provinces ? Le Ministre peut-il nous dire ce qu’il a concrètement réalisé depuis sa prise de fonction et ce que nous pouvons attendre de lui ? »

Réponse du Ministre :
« Notre ministère dispose d’un portail numérique accessible à tous les inventeurs, partout dans le monde. Les informations sur le Forum sont également diffusées régulièrement à la RTNC. Je vous invite à consulter ce portail pour vous connecter avec l’équipe organisatrice. Nous n’excluons personne. »

Christian Ntonginda (Lubumbashi) :
« Je suis moi-même innovateur. Lors de l’évaluation mardi dernier, j’avais soumis deux projets, mais un seul a été pris en compte. Le premier a été validé, mais on m’a informé que le second n’apparaissait pas. »

Réponse du Ministre :
« C’est une réclamation probablement fondée. Après cette émission, je vais demander au responsable du jury des éclaircissements. Veuillez me transmettre, même via Radio Okapi, les références de votre deuxième projet, afin que je puisse m’enquérir de la situation. »

Rémy Mulamba (Kinshasa) :
« J’ai postulé pour le Forum 2025. Dans mes recherches, j’ai constaté un paradoxe : à l’intérieur du pays, on jette de la nourriture tandis qu’en ville, on souffre de la faim. Pour relier les zones rurales aux centres urbains, il nous faut des chemins de fer. J’ai imaginé un projet de méga-barrage de 100 000 mégawatts, capable d’alimenter 160 000 km de voie ferrée, et j’ai même identifié des bailleurs de fonds. Le ministère peut-il envisager un partenariat public-privé pour financer ce programme ? »

Réponse du Ministre :
« Le rôle de mon ministère est de stimuler la recherche et l’innovation. L’industrialisation et la mise en exploitation relèvent d’autres ministères. Une fois une invention réalisée, je collabore avec mes collègues en charge de l’Industrie, du Commerce, de l’Énergie, etc. Je transmettrai votre proposition aux ministères concernés. Le Fonds national pour la recherche et l’innovation technologique existe, mais il sert à financer la recherche menant à l’invention, pas à la phase d’exploitation. »

Ismaël Mpoy (Lubumbashi) :
« Pourquoi fixe-t-on des critères dans un forum ? Ne pourrait-on pas d’abord sélectionner les meilleurs innovateurs dans chaque province, puis organiser un concours final à Kinshasa ? Quelle est la différence entre un forum et un concours ? »

Réponse du Ministre :
« Le jury est basé à Kinshasa pour permettre la confrontation d’idées et une prise de décision éclairée. Mais soyez rassuré, nous envisageons de territorialiser l’initiative. Nous mettons en place une Agence nationale de promotion du génie scientifique congolais, qui disposera d’antennes dans toutes les provinces, chargées d’identifier les talents même dans les coins les plus reculés. Aussi, Il ne s’agit pas d’un concours, mais d’un forum, c’est-à-dire d’un espace d’exposition où chacun présente ses réalisations. C’est une sorte de grande foire technologique où le public découvre et apprécie les innovations proposées. »

Décryptage:
Alain Ngabo Kajemba
Journaliste Reporter à
Exacte-info.net

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