Face à cette situation alarmante, des actions de sensibilisation sont nécessaires. Le médecin chef de la zone de santé d’Uvira a réuni hier lundi 23 septembre tous les infirmiers de 22 aires de santé afin de leur expliquer comment trier les cas et les orienter vers le centre de traitement Mpox de l’hôpital général d’Uvira.
Le Dr Panzu Nimi a souligné les difficultés d’isolement à domicile pour les malades et le personnel soignant, ainsi que le retard dans la publication des résultats des tests, qui peuvent prendre jusqu’à deux semaines.
« Nous sommes plus affectés par cette maladie ici à Uvira. Il faut que tout le monde face la surveillance de tout le monde. L’isolement à domicile des cas légers, modérés, graves et critiques sont souvent compliqués », s’est-il adressé aux infirmiers titulaires des aires de santé.
Pour remédier à cela, des laboratoires spécialisés seront installés à Bukavu, Miti Murhesa et à Uvira.
Le traitement de Mpox reste symptomatique, et la zone de santé d’Uvira est l’une des plus touchées (la 10e parmi les 34 zones de santé du sud kivu touchées) par l’épidémie.
Par ailleurs, la Croix-Rouge de la RDC en collaboration avec le service Genre famille et enfant a sensibilisé 150 professionnels du sexe la semaine dernière sur les risques liés à cette maladie, qui se transmet notamment par des relations sexuelles non protégées. Les femmes professionnelles de sexe sont particulièrement vulnérables.
« Elles reçoivent tout le monde qui se réfugie auprès d’elles. Il y en a parmi ces femmes malades qui ont été guéries de la maladie à l’hôpital, d’autres sont décédées. D’autres encore vivent dans la clandestinité », temoigne madame Marie Mitila Ponga, Cheffe du service Genre de la mairie d’Uvira. Elle affirme que des cas initiaux de Mpox ont été signalés chez des femmes venant de Mulongwe et Kavimvira, qui malheureusement ont rencontré des difficultés financières pour leur prise en charge. » Elles ont traversé vers le Burundi pour se faire soigner à moindre cout », souligne-t-elle.
Actuellement, grâce à l’appui de Médecins Sans Frontières, MSF Hollande, le traitement est gratuit au centre de traitement à Uvira.
Signalons que lors de la deuxième journée de réunion ce mardi 24 septembre, les infirmiers titulaires ont examiné les outils de surveillance nécessaires pour une détection précoce des cas et une prise en charge adéquate des populations locales.
Fiston Ngoma Mayabala

