La saison sèche semble confronter la Régideso au mépris d’une frange de la population face à la pénurie en eau potable. Pourtant le déficit en soi semble plus affecter les non abonnés et insolvables détenant une ou plusieurs factures impayées. Face à la situation, la société ne cesse de rappeler à ses abonnés insolvables combien le non paiement des factures affecte le fonctionnement de l’entreprise : c’est le cas du risque de rupture en produits de purification de l’eau sans compter les charges administratives, sanitaires et financières dont le paiement de salaires, primes et taxes, etc.
Malgré le contexte de précarité, Mudumbi Mweze, le directeur de siège de la Régideso Bukavu fait tout pour épargner des vies des maladies hydriques en fournissant l’eau potable, selon les capacités de la société tout s’inscrivant dans la prévention contre la maladie à virus Ebola.
Les forages, une alternative à la pénurie ?
À Bukavu, certains entrepreneurs se livrent aux forages d’eau dits « Bizola ». L’eau servie est-elle saine alors qu’aucun service public n’atteste sa qualité ? Peut-on remplacer la Régideso par des forages ?
Certaines langues repondent par l’affirmative. Mais combien de gens savent-ils que la conduite principale d’eau de la Régideso posée entre le lycée Wima et l’ISTM alimentant à 80% Bukavu est fragilisée et menacée par des éboulements et autres constructions anarchiques ? Pourtant les plaintes sont à adresser au service clientèle de la Régideso pour des interventions urgentes. Et la Régideso s’en sort toujours.
Certainses plaintes sont, en vérité, à adresser aux services publics de l’État ayant le cadastre, l’urbanisme et habitat ainsi que l’aménagement du territoire dans leurs attributions.
Dans un État de droit ou en temps normal, ceux qui empiétent sur les conduites d’eau de la Régideso en provoquant des éboulements emportant des tuyaux et robinets devaient être interpellés. Il en est de même de certains agents véreux de l’Etat.
Quant aux forages, certes ils constituent des moyens pour accéder en permanence à l’eau.
C’est le cas dans certains coins de Bukavu, tel à Byaene, où l’accès presque permanent est observé. Certains habitants trouvés sur place, comme Jeannette, une jeune mère au foyer, elle plaide pour : »l’encadrement d’une telle initiative et l’étendre partout en ville sous l’encadrement de la Régideso. »
Pourtant la Régideso a plutôt besoin des financements et voir régulièrement ses clients s’acquitter de leurs factures en vue d’améliorer son réseau et augmenter le volume d’eau à traiter journellement pour répondre aux besoins de toute la population, martèle le directeur Mudumbi.
« C’est l’unique voie d’épargner les enfants de passer des heures par jour à la quête d’eau potable au lieu de jouir de leurs vacances pendant la fermeture des classes », affirme Zagabe, un syndicaliste dans une firme privée de Bukavu.
Que faire alors ?
Quoi qu’il en coûte, il serait abusif de substituer le forage à une solution alternative aux problèmes d’approvisionnement en eau potable auxquels est confrontée la Régideso. le forage relève de la débrouille d’autant plus que l’eau des « Bizola » n’est pas traitée dans des conditions idéales. Elle a beau être chauffée, mais elle n’est pas certifiée potable. Il en est de même de celle de pluie, de la Rivière Ruzizi ou du lac Kivu. L’idéal semble de s’abonner à la Régideso en s’acquittant, à terme, de ses factures. Ainsi la Régideso élargirait-elle son réseau en renouvelant ses conduites d’eau tout en s’approvisionnant en intrants utiles à son traitement, pensent plusieurs habitants interrogés..
« C’est aussi la voie idoine pour résorber la problématique d’insécurité et de coût élevé d’eau qu’impose sa pénurie à la population », pense Juvénal, un directeur d’école primaire rencontré au Quartier Latin muni d’un bidon vide de 20 litres en mains.
« Quels que soient les soulagements que pourraient procurer les eaux de « Bizola » ou forages, la menace sanitaire demeure le défi majeur, car elles ne sont traitées en amont et en aval que peu ou prou », affirme Jacques, un étudiant en chimie rencontré à l’institut Supérieur Pédagogique de Bukavu.
Au final, faut-il rappeler que l’eau de la Régideso est la seule livrée conformément aux normes réglementaires en matière de santé publique ?
Faustin MULIRI MIRUHO

