Après quatre années d’investigation, les organisations de la société civile Congo n’est pas à vendre (CNPAV) et AFREWATCH lèvent le voile sur les profondes disparités salariales qui persistent au sein de l’administration publique congolaise.
Présenté à Kisangani, leur rapport appelle les autorités à engager sans délai une réforme de la politique de rémunération des agents publics afin de garantir davantage d’équité, de transparence et de justice sociale.
Menée entre 2020 et 2024, cette enquête révèle que, malgré les dispositions constitutionnelles garantissant l’égalité de traitement et une rémunération équitable, d’importants écarts subsistent entre les salaires, les primes et les avantages accordés aux agents des différentes institutions publiques.
Les organisations dénoncent également le manque de transparence entourant les rémunérations au sein de certaines hautes institutions de l’État. Elles mettent en cause la multiplication des dépenses de fonctionnement, des fonds spéciaux et des frais de recherche jugés insuffisamment traçables. Selon elles, ces ressources devraient être prioritairement affectées aux secteurs de la santé, de l’éducation, ainsi qu’à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
D’après les conclusions de l’enquête, ces disparités salariales alimentent les frustrations au sein de l’administration publique, favorisent le clientélisme et le népotisme, fragilisent la cohésion des services publics et érodent la confiance des citoyens envers les institutions de l’État.
Pour remédier à cette situation, le CNPAV et AFREWATCH recommandent au Président de la République de réduire les privilèges budgétaires, de revoir le statut du cabinet présidentiel, de diminuer le train de vie des institutions et de réintégrer certains services au sein des ministères afin de renforcer la bonne gouvernance.
Les deux organisations invitent également le Gouvernement à harmoniser les rémunérations des agents publics, à mettre en place un comité de régulation salariale, à plafonner les primes, à réduire les dépenses de fonctionnement des ministères, à publier régulièrement les données budgétaires et à limiter les avantages accordés aux mandataires publics.
À travers cette enquête, la société civile entend ouvrir un débat national sur la nécessité d’une gestion plus équitable, plus transparente et plus responsable des finances publiques en République démocratique du Congo.
Godelieve Omondo

