Plusieurs avenues de Bukavu demeurent confrontées à une pénurie criante en eau potable. Pourtant, les rivières Luka, Zalya, Utu, Ezeiza, Camaka, Nduma, Kansunsu, Lubimbe, Nyakagera, Lugulu, Lushanja constituent une richesse hydrologique potentielle pour la ville et au-delà. En effet, la lac Kivu est le déversoir de toutes ces rivières coulant du parc de Kahuzi-Biega.
Face à la carence manifeste, s’agirait-il d’une mauvaise foi de la Régideso, la Régie de Distribution de l’eau à Bukavu et ses environs ? La réponse est négative ; car la société serait en mesure si seulement le gros des factures antérieures et autres détenues par les services publics étaient payées, or ce n’est pas le cas.
De plus, les infrastructures de la Régideso font face à des constructions anarchiques menaçant sa tuyauterie, etc.
Certes, il est reconnu que la République Démocratique du Congo a 50% des réserves d’eau du continent africain, mais près de 65% des Congolais n’ont pas accès à l’eau potable. C’est la preuve,, s’il en fallait une, que le phénomène n’est pas le propre de Bukavu et sa périphérie.
L’usine de Murhundu, pourvoyeuse en grande partie en eau potable consommée à Bukavu et ses environs, ne suffit plus pour toute la Ville et sa périphérie à cause de la naissance de certains quartiers périphériques mal urbanisés et défavorisés.
D’autre part, le lac Kivu fait face à la pollution, ses eaux servant de déversoir des déchets en provenance de presque partout à Bukavu et ses environs. La pollution des eaux expose à des maladies hydriques dont le choléra, endémique dans certains coins de Bukavu.
La Régie de Distribution d’Eau est confrontée à une pénurie criante de financement, ce qui l’empêche de satisfaire toute sa clientèle.
L’eau étant la vie, que suggèrent alors les insolvables face à la pénurie ?
C’est à une entrave au développement économique et social qu’ils exposent toute la province.
La Régideso ne cesse de sensibiliser les habitants au bien-fondé de préserver ses infrastructures et sa clientèle à s’acquitter régulièrement de ses créances. Cependant, la capture et traitement des eaux du lac Kivu est une solution palliative en cours.
La construction d’autres usines sur les nombreuses rivières tirant leur source dans le Parc National de Kahuzi-Biega et se déversant dans le lac Kivu s’impose.
En attente des moyens pour ce faire, la solution provisoire passe par l’épuration des impayés des factures détenues par la clientèle. S’abonner est également une piste de solution pour les nouveaux venus à Bukavu.
En mars prochain, mois consacré vert par la Coopération suisse à Bukavu, une campagne d’éducation à la protection des écosystèmes, l’hygiène au travers d’une campagne d’appel à la non pollution des eaux s’impose.
Il convient également de diversifier les partenaires, en plus du CICR, la collaboration avec d’autres organisations internationales et locales est opportune.
Faustin MULIRI MIRUHO

