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Kinshasa :Présentation des vœux de nouvel an 2026: Martin Fayulu a-t-il enterré le camp de la patrie ?

« Le camp de la patrie », annoncé par Martin Fayulu Madidi au sortir de sa rencontre avec le Président Félix Tshisekedi Tshilombo, le 5 juin dernier au Palais de la Nation, n’aura vécu que le temps d’un rencard. Six mois plus tard, à l’occasion de la présentation de ses vœux de nouvel an 2026, l’opposant a vivement attaqué le chef de l’État.

Mercredi 31 décembre, dernier jour de l’année 2025, l’heure est aux bilans. En attendant le traditionnel message de vœux du président de la République, son principal opposant présent au pays, Martin Fayulu, s’est adressé à la population.

Le moins que l’on puisse dire est que le leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide) s’est montré particulièrement sévère à l’endroit du pouvoir.

Martin Fayulu a d’abord salué la mémoire des membres des FARDC tombés au front ainsi que celle des victimes civiles de la guerre d’agression, avant de présenter ses condoléances aux familles endeuillées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Alors qu’on le disait conciliant avec le régime depuis sa rencontre avec le chef de l’État en juin dernier, l’opposant est revenu sur l’élection présidentielle de 2018, qui a consacré Félix Tshisekedi à la magistrature suprême.

« En cette fin d’année 2025, la République démocratique du Congo traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Notre pays est agressé. Notre souveraineté est menacée. Notre peuple est abandonné. Sept ans après le hold-up électoral de 2018, le temps est venu de rappeler la vérité, sans détour. Le compromis politique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a échoué. La prétendue passation civilisée du pouvoir n’a produit ni paix, ni stabilité, ni cohésion nationale. Elle a affaibli l’État, fragilisé nos institutions, et ouvert la voie aux ennemis de la République », a déclaré Martin Fayulu.

Nécessité d’un dialogue national inclusif

Fustigeant les conséquences de « l’agression rwandaise et ougandaise » dans l’est de la RDC, ayant notamment occasionné des millions de vies fauchées et le déplacement interne de plus de huit millions de Congolais, il a dénoncé « l’abandon de la volonté populaire » ainsi que la faiblesse de l’État.

Abordant la question des accords de Washington, Martin Fayulu déplore l’absence de débat national, le manque de transparence et de consentement populaire.

Face à cette situation, il a réitéré son appel à un dialogue national inclusif.

« Face à cette situation, une vérité s’impose. Rien ne changera sans le peuple. L’histoire ne se fait jamais sans lui. Et l’avenir du Congo ne se construira ni dans le silence, ni dans la peur, ni dans la division. C’est pourquoi nous le disons clairement : le dialogue national inclusif est une nécessité vitale. Refuser ce dialogue, c’est refuser la paix. Refuser ce dialogue, c’est prolonger la crise. Refuser ce dialogue, c’est engager une lourde responsabilité politique », a-t-il martelé.

À la communauté internationale, le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2018 et de 2023 exige l’application stricte de la Résolution 2773 (2025) des Nations unies ainsi qu’« une condamnation claire du Rwanda pour les crimes commis sur le sol congolais ».

C’est le seul passage de son message dans lequel Martin Fayulu fait allusion à son camp de la patrie :

« Congolaises, Congolais, L’heure n’est plus à l’attentisme. L’heure est à la vigilance. L’heure est à l’engagement citoyen. L’heure est à la cohésion nationale. Soyons tous dans le camp de la patrie. »

S’adressant aux jeunes, il les exhorte à bannir le tribalisme, à refuser la corruption, le fanatisme aveugle ainsi que toute forme d’affaiblissement de l’État, tout en exigeant un leadership responsable.

Pourtant, il avait affirmé avoir clairement indiqué au chef de l’État, lors de leur rencontre, qu’il fallait créer un camp de la patrie, qu’il définissait comme « un regroupement de ceux qui luttent pour leur pays ».

Décidément, la mise en place de ce regroupement semble devoir attendre encore longtemps.

Exacte-info.net

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