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Kinshasa : Peter Mugisho Matabishi propose une technologie spécifique pour mettre fin aux embouteillages et accroître l’assiette fiscale.

Lutter contre la corruption, l’évasion fiscale et le coulage des recettes publiques. Tel est le défi que s’est fixé Peter Mugisho Matabishi, Directeur Général de Boss Africa Group SARL, à travers un vaste projet d’informatisation du système de collecte et de gestion des taxes et impôts de l’État.

L’initiative repose sur deux axes majeurs : l’utilisation d’imprimés de valeurs hautement sécurisés et le développement de logiciels spécialisés pour la perception des taxes, notamment sur les revenus locatifs, les impôts fonciers et automoteurs. Déjà testée dans la province du Lualaba, l’expérience a permis d’assainir la gestion financière et de réduire les pratiques frauduleuses. Sur cette lancée, un partenariat a récemment été conclu avec certains gouvernements provinciales après une étape réussie au Nord-Kivu, Sud-Kivu et Lualaba.

Au-delà des outils numériques, Peter Mugisho a conçu un répertoire national des contribuables, élaboré sur la base de données GPS satellitaires et de la latitude géographique. Cette innovation vise à offrir aux provinces une visibilité claire sur leur assiette fiscale, jusque-là difficile à cerner.

« L’une des grandes faiblesses de plusieurs gouvernements provinciaux réside dans la légèreté avec laquelle sont conçus les imprimés de valeurs, souvent non sécurisés, ce qui ouvre la voie aux détournements par certains fonctionnaires », explique-t-il.

Fort de 25 ans d’expérience comme Coordinateur-pays du Comité pour le Développement et l’Assistance Humanitaire (CODEVAH), Peter Mugisho n’en est pas à son premier chantier d’envergure. Sous sa direction, le CODEVAH a réhabilité 44 centres de santé et maternités, construit 32 écoles primaires et secondaires, et réhabilité 1200 kilomètres de routes de desserte agricole, avant l’occupation de l’Est par l’AFC-M23.
Ses actions demeurent visibles dans les zones de santé de Shabunda, Mulungu, Fizi, ainsi que dans les chefferies de Luhwindja, Kaziba, Burhinyi, Nyangezi, sans oublier les hôpitaux de Mwenga et Kamituga.

Avec l’appui du Système des Nations Unies, du Fonds humanitaire de la RDC FHRDC, de CARE International, du Dutch Relief Alliance (DRA) et du Ministère néerlandais des Affaires étrangères (MoFA Nederland), il a également contribué à la construction des ponts Luzinzi à Kaziba (financement OCHA) et pont Kashanja (frontière entre Luhwindja-Kaziba via  Nyangezi), avec l’appui du PYM Norvège et de la CELPA.

Victime d’un accident en 1997 qui l’a laissé en situation de handicap physique, Peter Mugisho incarne une vision où la technologie se met au service de la bonne gouvernance et du développement. Avec une équipe d’ingénieurs congolais formés à l’étranger, il mise sur la cartographie et la géolocalisation spatiale informatisée, appuyées par l’imagerie satellitaire.
Ses projets, à la croisée de la technologie, de la gouvernance et du développement, offrent une perspective nouvelle à la RDC, où la lutte contre la corruption et la maximisation des recettes intérieures restent des enjeux cruciaux pour financer les politiques publiques.

Parmi ses priorités, Peter Mugisho souhaite apporter son expertise pour réduire sensiblement les embouteillages à Kinshasa grâce à une solution numérique basée sur l’identification des moyens de transport : Identification systématique des motos et des véhicules en circulation, l’identification des motards et de leurs propriétaires ; Création d’un permis de circulation numérique, sous forme de carte PVC ultra-sécurisée et rechargeable pour tout paiement de taxe ; Selon des estimations basées sur des données Google et l’intelligence artificielle, Kinshasa compterait plus de 6 millions de motos en circulation. Avec seulement la taxe de circulation de 1000 FC (0,40 \$) par jour, les recettes passeraient de 72 millions de dollars par mois et atteindre 864 millions de dollars par an, de quoi financer 1000 km de routes asphaltées chaque année[ il s’agit d’une taxe de stationnement mal collectée que nous voulons transformer en une taxe de circulation]
; L’identification et contrôle technique rigoureux des véhicules de toutes catégories. Les véhicules non conformes seraient envoyés à la fourrière pour destruction ; la Mise en place d’un certificat de contrôle technique harmonisé, conditionné par la possession des quatre documents obligatoires : assurance, vignette, taxe voirie urbaine et permis de conduire valide va certainement mettre fin aux embouteillages à Kinshasa.

Le certificat, généré par un système informatique, serait lié à une carte ultra-sécurisée (UV-PC avec puce magnétique et RFID). Les policiers, équipés de terminaux adaptés, vérifieraient les véhicules via un QR code. Le système enverrait automatiquement des alertes SMS en cas d’expiration des documents, avec possibilité de renouvellement via Airtel Money, M-Pesa ou Orange Money.

Lors du Conseil des ministres du 15 novembre 2024, le Président Félix Tshisekedi avait insisté sur l’urgence d’améliorer la fluidité de la circulation routière et sur la nécessité d’une police de circulation exemplaire, bien équipée et disciplinée. La possibilité de mobiliser les FARDC en appui avait même été évoquée pour renforcer la rigueur aux grands carrefours.

La stratégie proposée par Peter Mugisho Matabishi s’inscrit donc dans cette dynamique nationale évoqué par le chef de l’état: réformer la circulation à Kinshasa, augmenter les recettes fiscales et financer des infrastructures modernes. Une approche qui conjugue innovation technologique, discipline routière et bonne gouvernance, avec l’ambition de transformer durablement la capitale et, au-delà, l’ensemble de la République Démocratique du Congo.

Alain Ngabo Kajemba

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