Ce mardi 26 novembre 2024, en marge de sa visite officielle au Maroc, Madame la Première ministre de la République Démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa, a rencontré Bobi Ladawa, l’ancienne première dame du Zaïre et veuve du Maréchal Mobutu Sese Seko.
La rencontre, qui a duré environ une heure, s’est déroulée dans un cadre privé, marquant un moment de dialogue inédit entre un membre du gouvernement actuel et une figure historique de l’ancien régime.
À l’issue de leur entretien, Bobi Ladawa a livré à la presse des propos poignants, témoignant à la fois de son attachement à son pays d’origine et des conditions qu’elle estime nécessaires pour un éventuel retour en RDC :
« Je viens de dire à madame la Première ministre que je suis pressée de retourner au pays. Mais je ne peux pas dormir à la belle étoile. Si je rentre à Kinshasa, je dois avoir ma propre maison. Je ne peux pas dormir à l’hôtel, ni dans la maison de qui que ce soit. Je n’ai aucune maison ni à Kinshasa, ni à Gbadolite. Pour que je revienne au pays, il faut qu’on m’obtienne une maison. J’ai vécu avec le président Mobutu pendant 17 ans, je ne peux pas rentrer au Congo pour dormir à l’hôtel. »
Cette déclaration met en lumière l’effacement des biens familiaux autrefois associés à l’ère Mobutu. Gbadolite, surnommée jadis la « Versailles de la jungle », et d’autres propriétés emblématiques ont perdu leur lustre depuis la chute du régime en 1997.
Cette demande pourrait ouvrir un débat sur la gestion des biens de l’ancien régime et les mesures à envisager pour favoriser une réconciliation historique.
Le retour éventuel de Bobi Ladawa au pays pourrait marquer un tournant symbolique dans les relations entre la RDC et son histoire tumultueuse. Pour certains, cela pourrait refléter une reconnaissance de l’importance des anciens dirigeants dans la construction de l’identité nationale. Pour d’autres, cela soulèverait des interrogations sur l’équité dans le traitement des figures publiques du passé, notamment en ce qui concerne leurs droits et leurs responsabilités.
Dans tous les cas, la demande de Bobi Ladawa – une maison pour revenir – interpelle sur la gestion de la mémoire collective, la réconciliation nationale, et les défis liés à l’héritage d’une époque qui continue d’influencer profondément la RDC actuelle.
Alain Ngabo Kajemba.

