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Beni : la flambée de prix du carburant asphyxie motards et usagers

La ville de Beni traverse une nouvelle zone de turbulence économique, marquée par une hausse de prix du carburant. Dans plusieurs coins stratégiques comme à Ndindi et à l’entrée de l’espace Mapera, les motocyclistes comme les passagers décrivent un quotidien difficile. Le litre d’essence, désormais vendu autour de 7 000 FC, voire plus, bouleverse l’équilibre déjà fragile du transport urbain.

Cette augmentation soudaine a impacté les tarifs des courses, désormais hors de portée pour de nombreux habitants. « Je paie 5 000 FC pour aller de Ndindi au marché de Kilokwa, contre 1 500 FC auparavant », déplore une habitante, visiblement affectée par cette hausse. Plusieurs usagers affirment avoir réduit leurs déplacements, faute de moyens suffisants.

Du côté des motocyclistes, la situation est tout aussi préoccupante. Beaucoup disent ne plus parvenir à rentabiliser leur activité, autrefois considérée comme une source stable de revenus. « Je gagne difficilement 10 000 FC par jour, alors qu’avant je pouvais atteindre 40 000 FC. Depuis ce matin, je n’ai encore trouvé aucun client », témoigne un conducteur rencontré sur place.

Selon plusieurs conducteurs, l’incompréhension avec les clients s’intensifie. « Les clients ne nous comprennent plus. Nous fixons les prix en fonction du coût du carburant, mais ils refusent de payer », expliquent-ils. Cette tension constante freine les activités et crée un climat de méfiance entre les deux parties.

Certains trajets, autrefois accessibles à bas prix, sont désormais devenus un luxe. Une course classique à 1 500 FC peut aujourd’hui atteindre 5 000 FC, voire davantage selon la distance. Une réalité qui pousse de nombreux habitants à renoncer à certains déplacements ou à privilégier la marche.

Face à cette situation, plusieurs motocyclistes ont pris des décisions radicales pour limiter les pertes. « D’autres ont remis leurs motos à leurs patrons ou les ont tout simplement immobilisées », confient certains d’entre eux. Une stratégie de survie dans un contexte où les dépenses dépassent largement les recettes journalières.

Les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à agir vite. Ils demandent notamment une régulation du prix du carburant afin de stabiliser le marché et de permettre la reprise normale des activités de transport.

Sans intervention urgente, préviennent-ils, cette crise pourrait entraîner une paralysie progressive du secteur, avec des conséquences en cascade sur l’économie locale et la mobilité des populations. À Beni, la flambée du carburant ne se limite plus à une simple hausse des prix : elle devient un véritable enjeu social.

Pascal NDUYIRI

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