Les femmes, les opprimés, les prisonniers, les victimes des guerres et des injustices étaient au cœur des méditations du Chemin de Croix de Léon XIV au Colisée ce vendredi soir 3 avril. Que Dieu donne des larmes pour pleurer «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».
Cela faisait trente-deux ans qu’aucun Pape n’avait porté la croix tout le long de la Via Crucis. Pour sa première Pâques depuis son élection, Léon XIV a tenu à faire sien le douloureux chemin du Christ, celui de sa condamnation à sa mise au tombeau. «Je pense que ce sera un signe important, compte tenu de ce que représente le Pape: un chef spirituel dans le monde d’aujourd’hui, cette voix qui nous dit que le Christ souffre encore» avait lui-même déclaré Léon XIV aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo mardi dernier, expliquant son geste comme étant une invitation à «toutes les personnes de foi, à cheminer ensemble, à marcher avec le Christ qui a souffert» pour les hommes.
Ce cheminement, auquel sont invités les fidèles, se déroule «dans un environnement chaotique, agité et bruyant», à l’image de l’époque de Jésus. Deux mille ans plus tard, «le croyant est continuellement mis au défi», reconnait le père franciscain Francesco Patton dans ses méditations, choisies cette année pour accompagner les dernières heures de la vie de Jésus. «Le Chemin de Croix n’est pas le chemin de ceux qui vivent dans un monde préservé dans sa ferveur et de recueillement abstrait, mais c’est l’exercice de ceux qui savent que la foi, l’espérance et la charité doivent s’incarner dans le monde réel».
Kafuka Joe Rujamizi

