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Kinshasa :Pour les deux prochaines années, la présidence d’AfricaRice, instrument de l’Union Africaine contre l’insécurité alimentaire sera assumée par la RDC. Un succès fort à l’actif du Ministre Gilbert Kabanda qui vient de participer à la 33 ème Session ordinaire du Conseil des Ministres de cette organisation tenue à Madagascar du 13 au 15 novembre 2024. Rentré à Kinshasa samedi soir, Gilbert Kabanda Kurhenga nous a accordé cette interview exclusive.

Q-P.Masirika :
Quel est le sentiment qui vous habite en ce moment où vous portez la RDC a la présidence d’AfricaRice pour un mandat de deux ans ?

R-G.Kabanda:
C’est un sentiment de fierté parcequ’Africarise signifie le riz africain. Comme vous le savez, le riz est l’aliment de base de la population africaine en très grande partie. Malheureusement, le riz est majoritairement apporté de l’extérieur. Avant nos indépendances, le riz ne venait pas de l’extérieur. Après nos indépendances, le riz est importé alors que nous avons des capacités pour pouvoir le produire. Depuis un certain nombre d’années, on a estimé qu’il fallait une politique du riz qui a commencé et aujourd’hui la RDC en a la responsabilité à travers le Ministre de la Recherche Scientifique et Innovation technologique parcequ’Africarise a été conçue beaucoup plus sous l’angle de la Recherche Scientifique et Innovation technologique. C’est ainsi que l’organe technologique et scientifique d’AfricaRice chez nous en RDC, c’est l’INERA. C’est a ce titre qu’en tant que Ministre en charge de l’INERA, j’ai pris la présidence de cet important organisme pour un mandat de deux ans.
PM: Sous quel signe vous placez votre mandat ?
GK: Sous le signe de l’autosuffisance en riz, un objectif que nous devons atteindre en définissant d’abord une bonne politique du riz. Car, j’ai posé la question à mes homologues à Madagascar, celle de savoir s’il existe une politique africaine du riz à l’instar des Européens qui avaient une politique du charbon et de l’acier en 1951 qui a finalement abouti non seulement à l’Union européenne sur le plan technique et scientifique mais sur le plan politique, économique, social etc. que nous connaissons aujourd’hui. Donc, nous africains, à travers Africarice, nous sommes en mesure de remodeler l’Union Africaine parce que nous aurons un tronc commun, une base commune, l’alimentation qui est, comme vous le savez bien, le premier besoin de l’homme.
PM: Un bref background sur votre précédent séjour à Sotchi où vous avez participé au Forum de partenariat entre la Fédération de Russie et l’Afrique. Cette étape a-t-elle produit des résultats escomptés ?
G.K: J’étais heureux de cette première étape de ma mission avec la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères qui a signé un accord de coopération qui attendait depuis très longtemps. Il s’agit d’un accord de coopération multidimensionnel et multisectoriel avec la Russie. J’étais d’autant plus heureux que, nous chantons dans notre hymne national, » Nous batirons un pays plus beau qu’avant ». Bâtir un pays plus beau qu’avant ne signifie rien d’autre pour les nations que passer par la recherche, l’innovation et l’invention. Tous les pays qui sont devenus plus beaux qu’avant sont passés par là. Et comme vous le savez, depuis un an et demi que je suis à la tête du ministère de la Recherche Scientifique et Innovation technologique, j’ai mobilisé les génies scientifique congolais sous forme de Conclave en 2023 et sous forme de Forum en 2024. A cette occasion, la nation s’est rendue compte qu’elle avait des cerveaux pour bâtir un pays plus beau qu’avant. Mais ces cerveaux ont besoin d’être mis au service. Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et la Première Ministre, Judith Suminwa Tulula ont compris que pour mettre ces cerveaux au service, il nous faut absolument investir dans les chercheurs et les scientifiques congolais. Première manifestation de la volonté politique du Président de la République: il a instruit les institutions pour que le budget de la recherche soit multiplié par six et nous sommes passés de 0,5 % à 3 % du budget national.
Deuxième action: le Président de la République a demandé que nous puissions un mécanisme de financement innovant de la recherche et de l’innovation.
Troisième action : le Président Félix Antoine Tshisekedi a demandé que nous puissions créer une coordination interministérielle de la recherche scientifique et de l’innovation. Car tous les ministeres sont tributaires des résultats des recherches et d’innovations dans leurs actions. L’agriculture, la santé, le transport, l’économie, le numérique, les Affaires étrangères, partout, il y a de la recherche. Et pour cela, il faut donc qu’il y ait une organisation avant tout. Pour ne pas inventer la roue, en ma qualité de responsable de ce secteur, je me suis dis qu’il faut que nous puissions voir des modèles qui existent ailleurs. Et la Russie est parmi les pays plus avancés en technologie au niveau mondial. Je me suis dis, je vais voir comment les russes se sont développés dans certains domaines pour nous permettre, nous aussi d’avoir des politiques et des stratégies de développement fondées sur l’innovation et l’invention. Car la reconstruction de notre pays passera comme dans tous les pays du monde, par la recherche scientifique et innovation technologique. Il n’y a pas d’autres voies.
P.M: Je vous remercie
G.K: C’est moi qui vous remercie.

Reportage :
Pascal Masirika B
ConsCom MRSIT
Images : Pépé Sala
Photos : Glody Kusikila

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