Une cérémonie marquant la visite de champ et le lancement de la pré-récolte de maïs s’est tenue ce samedi, 7 mars 2026 sur le site de Kasangulu 2, territoire de Kasangulu au Kongo central.
L’événement, qui a débuté à 11h45, a réuni une centaine de participants, parmi lesquels plusieurs personnalités politico-administratives et scientifiques venues encourager cette initiative agricole.
La cérémonie a été particulièrement marquée par la présence du ministre délégué à la Défense chargé des anciens combattants, du vice-ministre de l’Intérieur, du directeur général de l’INERA, ainsi que de l’administrateur du territoire de Kasangulu.
Le programme de la journée a été annoncé par le modérateur avant de céder la parole au propriétaire de la ferme, Dr Gilbert Kabanda Kurhenga.
« Je vous souhaite la bienvenue sur mon petit terrain de Kasangulu 2. Sur le site de Kasangulu 1, nous avons une multiplicité d’activités : élevage, agriculture, forage en cours d’initiation», a-t-il expliqué.
Selon lui, Kasangulu 2 s’étend sur 100 hectares, dont une partie est déjà exploitée pour la culture de maïs. Revenant sur ses motivations, l’initiateur du projet a rappelé son attachement personnel au monde agricole.
« Je suis né dans l’agriculture, au village, j’ai grandi dans l’agriculture et j’aime l’agriculture. J’ai donc tenu à concrétiser ce que depuis 66 ans nous avons comme slogan : “l’agriculture, priorité des priorités”. Mais lorsque nous regardons autour de nous, nous n’avons pas l’impression que nos terres constituent une priorité pour nous, les gouvernants », a-t-il déclaré devant l’assistance.
Dr Gilbert Kabanda Kurhenga a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction frappante en République démocratique du Congo : l’abondance des terres fertiles face à l’insécurité alimentaire.
« Dans d’autres pays, vous ne pouvez pas trouver d’espaces aussi verts à côté des gens qui meurent de faim. Il n’y a qu’en RDC où nous trouvons une cohabitation entre la verdure, la nature généreuse et la faim. Voilà un autre scandale dont on ne parle pas », a-t-il martelé.
Se présentant comme « villageois, paysan né et général à la retraite », il a affirmé vouloir contribuer à faire de l’agriculture un véritable levier de développement.
« Je crois que nous devons valoriser ce que Dieu nous a donné gratuitement et cesser de nous plaindre finalement contre nous-mêmes sans le dire », a-t-il poursuivi.
Le propriétaire de la ferme qui porte le nom de sa défunte épouse NAWEZA a également lancé un appel à la responsabilité collective en matière de souveraineté alimentaire.
« Nous ne pouvons plus continuer à demander au Programme alimentaire mondial de nous envoyer de la nourriture. C’est une honte », a-t-il insisté, soulignant que la terre congolaise peut produire suffisamment pour nourrir la population.
Profitant de la présence des autorités, il a toutefois soulevé un défi majeur auquel sont confrontés les producteurs agricoles : l’évacuation de la production.
« Il ne suffit pas de produire, il faut évacuer. Vous avez vu le chemin que nous avons parcouru de Kasangulu centre jusqu’ici. Il faut une route qui permette à cette production d’arriver aux consommateurs. Kasangulu 2 va produire d’ici un mois près de 30 tonnes de maïs qui doivent être acheminées vers les centres de consommation », a-t-il plaidé.
Prenant ensuite la parole, le Directeur-Gérant de la ferme, Mr. Christophe Losembe, a salué la vision du promoteur du projet et l’engagement de l’équipe technique qui travaille sur le site.
« Ce que vous voyez ici, ce champ, ces plants, cette équipe, tout cela existe parce qu’un homme a fait un choix : le choix de croire que la RDC peut se nourrir elle-même, le choix d’investir non pas là où c’est facile mais là où c’est nécessaire », a-t-il déclaré. Il a également reconnu que ce projet reste en développement, tout en soulignant les progrès déjà accomplis.
« Certes, nous n’avons pas encore atteint tous nos objectifs, mais un objectif a été atteint, et pas le moindre : nous avons surmonté le plus grand défi, travailler comme une seule équipe, avec un seul esprit, contre la force la plus puissante de la planète qui est la mère nature », a-t-il ajouté.
S’en est suivie une visite guidée de la plantation de maïs. Les invités ont découvert l’étendue des cultures et les techniques mises en œuvre sur le site.
La visite a été suivie d’un moment de rafraîchissement et de partage de repas, avant la projection d’un documentaire sur les activités et la vision de la ferme.
Dans son mot, l’administrateur du territoire de Kasangulu a encouragé les initiatives agricoles locales. La cérémonie s’est achevée par une photo de famille rassemblant.
Cette activité marque une étape importante pour la ferme Kabanda Naweza, qui ambitionne de relancer la production agricole locale et promouvoir l’autosuffisance alimentaire en République Démocratique du Congo.
Reportage:
Pascal Masirika B
Alain Ngabo K
Images : Pépé Sala
Photos : Glody Lusikila

