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Bukavu: la Régideso face aux défis de fourniture en eau potable

Malgré le contexte de guerre et l’insolvabilité de certains clients allant jusqu’à cumuler des dettes astronomiques, la Régideso Bukavu se bat, par ironie du sort, comme le diable dans un bénitier pour satisfaire régulièrement ses nombreux clients.

Au chapitre du cocktail de défis auxquels fait face l’entreprise, il y a  : les pannes techniques, la sécurité matérielle de certaines canalisations, des défis financiers et les menaces dues à l’urbanisation sauvage de la ville, car empiétant sur ses tuyaux, etc.

Les pannes et coupures récurrentes enregistrées dans certains quartiers de Bukavu constituent un véritable goulot d’étranglement pour la société, qui est pourtant vitale dans le quotidien de la population de Bukavu. En effet, certains quartiers subissent des coupures ou le non accès à cette denrée pourtant vitale àcause de la problématique d’urbanisation.

Malgré le contexte et l’absence de moyens suffisants pour y remédier, la Régideso s’efforce  toujours d’alimenter en eau ses clients en ordre de paiement. L’entreprise n’exagère rien : c’est une question de droit et devoir, rien à avoir avec mettre les gros plats dans les petits.

Cependant, la sensibilisation de ses clients et les mesures de coupure poussent certains insolvables à s’acquitter de quelques factures.

Au cours de l’année 2025, suite à la présence de certains Wazalendo dans le périmètre de captage d’eau de Mazigiro en territoire de Walungu,  plusieurs abonnés de Muhungu 1 et 2, Panzi, Gyamba, Essence, Kasihe et Mudusa ont été privés d’eau potable. La présence d’hommes en armes sur un site peut constituer un obstacle majeur face au souci de maintenance et dépannage.

Certes, il faut des montants colossaux pour répondre aux besoins de la population en eau portable ; pourtant rien qu’en s’acquittant des factures impayées, la Régideso s’estime à même de desservir pas mal de ses clients. Mais les paiements se font toujours attendre.

Aussi, l’usine de Murhundu nécessite une innovation en vue de répondre au besoin en eau devenu de plus en plus pressant face à l’exode rural.

Un autre défi majeur auquel est confrontée la Régideso est, sans nul doute, la propagation des constructions anarchiques.  Face aux déplacés de guerre, la ruée vers la ville crée de plus en plus des squatteurs au détriment de la sécurité des canalisations de la Régideso. C’est sans parler des éboulements provoqués par des constructions anarchiques. Plusieurs maisons d’habitation ou de commerce sont installées sur la tuyauterie de la Régideso ; cela handicape toute intervention en cas d’urgence de maintenance ou de réparation ; ainsi les tuyaux sont exposés à des fuites et risques de provoquer des maladies hydriques endémiques comme le choléra.

Les constructions anarchiques et éboulements contraignent plusieurs habitants de Bukavu d’aller s’approvisionner en eau, non potable sans doute, au lac Kivu. C’est un véritable cercle vicieux nécessitant la protection des habitats.

Somme toute, s’acquitter des notes impayées de la Régideso demeure la panacée pouvant permettre à la société de répondre au besoin de la population en eau potable. L’entreprise a beau bénéficier de l’intervention des bienfaiteurs comme le Comité International de la Croix-Rouge, CICR en sigle notamment, mais les abonnés sont obligés de solder leurs factures impayées pour mériter mieux !
Qui paie ses dettes s’enrichit, n’est-ce pas ?

Faustin MULIRI MIRUHO

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