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New-York : un retour remarqué de la Republique Démocratique du Congo comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

La RD Congo fait en ce début de l’année 2026, son grand retour dans le Conseil de sécurité des Nations unies comme membre non permanent, et cela, plus de trente années après sa dernière participation. Notre pays fait ainsi partie de cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027. Une présence qui consacre la légitimité de siéger au sein de l’instance où des décisions majeures sur la paix et la sécurité dans le monde sont prises.
Les cinq nouveaux venus qui sont la RDC, le Libéria, la Colombie, le Bahreïn et la Lettonie rejoignent notamment les cinq membres permanents, à savoir les USA, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni pour composer ce fameux cercle de pouvoir, théâtre d’alliances conjoncturelles et de bras de fer diplomatiques. Au sein de ce cercle, les membres non permanents ont un poids politique limité, certes, car ils n’ont pas par exemple, le droit de veto, monopole réservé aux seuls cinq membres permanents. Mais, le fait de siéger au sein de ce conseil donne à tous ses membres des leviers d’influence indiscutable.

La Somalie prend la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Aussi, comme le veut la tradition, une partie des sièges non permanents de cette instance onusienne change de titulaire. La République démocratique du Congo (RDC), fait son grand retour plus de trente ans après, alors que le pays est confronté à une crise sécuritaire dans l’Est. Élue en juin 2025 comme membre non permanent pour la période 2026-2027, elle avait recueilli à l’époque 183 voix sur 187 à New York.

Dès janvier 2026, cinq pays quittent ainsi le Conseil : l’Algérie, la Corée du Sud, le Guyana, la Sierra Leone et la Slovénie.

Il s’agit de la troisième participation congolaise à cette instance, après deux mandats exercés au début des années 1980 et 1990. « Nous porterons la voix de la RDC, mais aussi celle de l’Afrique », a déclaré la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Wagner.

Ce retour intervient alors que la RDC fait face à une « guerre d’agression menée par le Rwanda ». L’objectif des autorités congolaises est de maintenir cette crise à l’agenda des Nations unies et de faire appliquer la résolution 2773, adoptée en février 2025, qui exige le retrait du groupe armé de l’AFC/M23 et des forces rwandaises.

Le siège de membre non permanent est donc important pour la diplomatie congolaise. Depuis le début du conflit, obtenir des actes forts de la part de l’ONU s’est « avéré difficile pour Kinshasa », reconnaît un proche de la présidence, notamment en raison des réticences du « groupe 3A », qui regroupe les trois pays africains (Liberia, RDC, Somalie) membres non permanents du Conseil.

En intégrant à son tour ce groupe, Kinshasa espère désormais inverser la tendance et « maintenir l’agenda congolais sur la table du Conseil de sécurité », comme l’explique Christian Moleka, coordinateur de la Dynamique des politologues de la RDC.

« Il y a aujourd’hui une dynamique de médiation et de résolution des conflits au Congo qui attire encore une attention internationale, même si d’autres priorités vont prendre les devants, avec aujourd’hui des tensions au Venezuela et au Moyen-Orient. De ce fait, la question congolaise peut du jour au lendemain disparaître vu l’évolution des questions de sécurité dans le monde. L’objectif pour le Congo serait de maintenir l’agenda congolais sur la table du Conseil de sécurité afin que cette résolution 2723, qui a été votée à l’unanimité, puisse s’exécuter et pourquoi pas, permettre un retour de la paix », a-t-il expliqué.

Joe R Kafuka

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