À Kisangani, la Coordination nationale de la société civile pour la santé appelle les autorités provinciales de la Tshopo à augmenter le budget consacré au secteur sanitaire.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte marqué par une réduction de près de 13 % du financement externe destiné à la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme pour le cycle en cours, qui court jusqu’en 2026.
Selon une délégation de cette coordination en mission dans la ville, cette baisse des appuis des partenaires techniques et financiers pourrait entraîner de lourdes conséquences, notamment la suppression de certaines prestations, la réduction des activités préventives et la diminution de la couverture sanitaire pour les malades les plus vulnérables.
Le Dr Jackson Ukila, de la Coordination nationale de la société civile santé, alerte sur la gravité de la situation : « Aujourd’hui, les partenaires et bailleurs de fonds commencent à décrocher. Leurs subventions ne sont plus à la hauteur des besoins. Le pays doit prendre le relais. Avec les urgences mondiales et la réduction des financements des États-Unis, principal contributeur du Fonds mondial, le budget pour le cycle en cours qui s’achève en décembre 2026 a chuté de 13 %. C’est énorme, et les conséquences sont inévitables. »
Il explique que cette baisse entraînera des répercussions directes sur les bénéficiaires : « Cela veut dire que certaines activités sanitaires seront supprimées. Derrière ces réductions, il y a des malades qui n’auront plus accès à leurs médicaments : antituberculeux, antirétroviraux, antipaludiques ou encore aux moustiquaires imprégnées. On devra peut-être rationaliser les interventions et ne distribuer les moustiquaires que dans certaines zones. »
Le Dr Ukila insiste également sur la nécessité d’un engagement accru des autorités nationales et provinciales : « À un moment donné, le pays doit assumer davantage. Il le fait déjà, mais ce n’est peut-être pas suffisant. Et comme la santé est un secteur décentralisé, les provinces doivent aussi s’impliquer financièrement. »
Il exhorte enfin les médias à jouer pleinement leur rôle : « Nous demandons aussi à vous, les médias, d’informer et de sensibiliser la population pour que tout le monde comprenne l’enjeu. Car si les conséquences surviennent, nous devrons les affronter ensemble. »
Godelieve Omondo

