Dans une déclaration rendue publique ce mardi 17 septembre sur son compte X, le professeur Noël K. TSHIANI MUADIAMVITA a soulevé une question audacieuse qui suscite déjà de nombreux débats au sein de la sphère politique congolaise : la nécessité de maintenir un parlement à deux chambres en République Démocratique du Congo.
Selon lui, dans un pays où le budget national reste faible, il serait pertinent de réfléchir à la suppression pure et simple du Sénat pour ne garder qu’une seule chambre, l’Assemblée nationale. « Aujourd’hui, une question qui doit être posée est celle de savoir si vraiment la RDC a besoin d’un parlement à deux chambres. », a déclaré TSHIANI. Il pointe du doigt le coût élevé de fonctionnement des deux chambres du Parlement. Actuellement, la RDC compte 500 députés à l’Assemblée Nationale et 108 sénateurs, une configuration qui, selon N. TSHIANI, impose un fardeau financier lourd à un pays aux ressources limitées.
Le professeur TSHIANI propose une solution radicale mais pragmatique : la suppression du Sénat. Selon lui, en centralisant le pouvoir législatif au sein d’une seule chambre, non seulement la RDC réduirait les coûts de fonctionnement du Parlement, mais elle pourrait également rediriger ces ressources vers des projets plus urgents et bénéfiques pour la population. « Les ressources épargnées après la suppression du Sénat seraient investies dans des projets créateurs d’emplois ou de réduction de la pauvreté de la population. », a-t-il affirmé, soulignant que les besoins socio-économiques du pays devraient primer sur le maintien d’institutions coûteuses.
Au-delà de la simple suppression d’une institution, Noël Tshiani appelle les autorités publiques à mener une réflexion profonde sur la gestion des ressources de l’État. Il s’agit, selon lui, de sortir des « sentiers battus » et de repenser la structure même de la gouvernance pour qu’elle soit en adéquation avec les réalités économiques du pays.
Cette proposition, bien qu’elle puisse paraître radicale à certains, soulève des questions légitimes sur l’efficacité du bicaméralisme en RDC. Dans plusieurs pays, la suppression d’une des deux chambres du Parlement a été envisagée, voire appliquée, dans le but de simplifier le processus législatif et de mieux allouer les ressources publiques. Tshiani rejoint ainsi cette réflexion globale sur la nécessité de rationaliser les institutions pour mieux servir la population.
Le contexte économique de la RDC, marqué par une faible capacité budgétaire et des besoins criants en matière de développement, pourrait rendre cette réflexion non seulement opportune, mais aussi urgente. Dans un pays où la majorité de la population vit encore dans la pauvreté, chaque franc dépensé par l’État devrait, selon Tshiani, être optimisé pour produire des résultats tangibles dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Cette proposition de Noël Tshiani ne manquera pas de susciter un vif débat au sein de la classe politique congolaise. Certains y verront une opportunité de rationaliser les dépenses publiques et de mieux répondre aux besoins de la population, tandis que d’autres y verront une atteinte à l’équilibre institutionnel du pays.
Alain Ngabo Ya Kajemba.

